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01-10-2003
Chers amis,

Depuis des années, vous donnez ce que vous pouvez aux pauvres, pour montrer votre solidarité. Jusqu’à présent, nous avons canalisé vos dons vers différents projets humanitaires, mais nous n’avions pas l’occasion de vous informer de la stratégie par laquelle nous attribuons ces dons aux différents projets de développement. Aujourd’hui, nous travaillons directement avec les gens qui se trouvent dans le besoin, aussi nous avons l’intention d’utiliser ces fonds d’une façon plus efficace au profit des plus démunis. A cet effet, nous voilà avec cette première édition de ACB News, qui vous informera sur les projets que nous réalisons grâce à vos dons. Nous espèrons que le fait d’être bien informé vous incitera à continuer à nous aider à aider ceux qui en ont le plus besoin. Dans cette première édition, notre responsable de projets chargée de l’exécution sur place vous parle de nos premiers efforts à Dugawar, où nous projetons d’éduquer les enfants d’une société malheureusement tout à fait marginalisée.


Marc Valentin,
Président
 

25 Septembre 2003. Cérémonie de la pose de la première pierre pour l’école Saint-Antoine... «Vous amenez de la couleur dans notre vie !!»

Villages en Inde

La première chose qu’on remarque en entrant dans un village isolé en Inde, ce sont les enfants qui errent sans but et les hommes adultes qui ne semblent avoir rien d’autre à faire que de jouer aux cartes. Les femmes apportent de l’eau qu’elles cherchent dans des puits et des sources distantes. Elles apportent aussi du foin, qu’elles récoltent dans les prés pour nourrir leur bétail, leur seule et unique source de revenus. Elles sont presque toutes analphabètes. Si les femmes sortent de chez elles, ce qui n’est que rarement le cas, elles se couvrent le visage en sortant.

La plupart des enfants de ces villages ne vont pas à l’école soit parce qu’ils sont trop pauvres, soit parce qu’il n’y a pas d’école. Il n’y a pas d’emplois pour les adultes, sauf dans l’agriculture, et même là, il ne s’agit que d’un travail saisonnier.

La plupart des familles ne dispose que d’un très petit champ, qui ne suffit guère à les nourrir. Le chômage et le défaut de moyens rendent leurs vies très pénibles et sont les causes de leur santé défaillante. Il n’y a pas d’équipement pour eau potable, l’environnement est malsain, leur habitat est misérable, etc.

Les humbles débuts

Cela fait des années que je travaille dans des villages indiens, et j’ai l’habitude de voir les villageois méfiants dès qu’un étranger entre dans le village. Alors, quand notre équipe est entrée dans Jugawar et les villages aux alentours, nous n’étions pas surpris de les voir s’approcher de nous avec leur méfiance habituelle.

C’est surtout à cause de leur pauvreté que les gens n’osent pas faire confiance. A chacune de nos visites, nous nous sommes assis avec eux, nous les avons écoutés, nous avons expliqué ce que nous venions faire là, et au fur et à mesure de nos visites, nous avons gagné leur confiance.

De gros besoins...

La raison pour laquelle nous avons choisi cette région est que c’est une des régions les plus arriérées d’Inde, avec le taux d’alphabétisation le plus bas, et les taux de population et de chômage les plus hauts.

Dans ces villages, il n’y a pas d’emplois, il n’y a pas d’institutions éducatives, pas de moyens de communications, pas d’équipement de santé, pas d’écoles, pas de bonnes routes, pas de fourniture régulière d’énergie, pas de télécommunication. La vie dans ces villages est une lutte désespérée, jour après jour. Nos efforts pour nous rendre utiles, ne permettent pas de résoudre tous les problèmes fondamentaux, mais nous voulons absolument faire tout ce qui est en notre pouvoir. Alors débutons avec l’éducation de leurs enfants. Dans un deuxième stade, on pourra parler aux femmes afin d’examiner avec elles les éventuelles possibilités de changement et de développement.

 

Dans ces villages, il n’y a pas d’emplois, il n’y a pas d’institutions éducatives...

Réunion avec les édiles du village

Il est essentiel de reconnaître l’importance des chefs locaux et de gagner leur confiance afin de les intéresser aux travaux que nous prévoyons.

Alors, nous avons organisé une réunion avec les chefs des villages, nous avons érigé une tente au lieu exact où l’école sera construite et nous avons mangé ensemble. Les villageois ont parlé de leurs problèmes et ils ont suggéré beaucoup de solutions. Ils nous ont fait part de leur vision sur l’éducation et de ce qu’ils attendent de nous.

Nous avons pris note de leurs idées et suggestions. Ils se sont déclarés d’accord pour travailler avec nous pour la cause commune. Tous les participants étaient très contents de cette réunion qui était une nouvelle expérience pour les villageois.

L’infrastructure d’abord

Avant tout, si on veut enseigner aux enfants, il faut disposer d’une école et d’enseignants. Alors nous avons acheté aux villageois, pour un prix raisonnable, une parcelle suffisamment grande pour y bâtir une école et l’accommodation pour les enseignants. Puisqu’il n’y a pas d’enseignants dans la région, il faudra les chercher ailleurs et les héberger à proximité de l’école.

Pose de la première pierre de l’école Saint-Antoine

   L’idée d’une cérémonie pour la pose de la première pierre de l’école vient des villageois eux-mêmes, alors nous les avons suivi. Pour eux, le fait de se réunir et de travailler en groupe pour une cause commune, était tout à fait nouveau. Nous sommes heureux d’avoir fait le premier pas sur le chemin qui les mènera peut-être à d’autres initiatives pour le bien commun ! Leur joie était évidente : «Vous amenez de la couleur dans notre vie !!» nous disaient-ils...
Un grand nombre de représentants du gouvernement local et de l’église était présent.

Le départ de notre projet d’éducation

Nous avons commencé un programme permettant d’identifier les enfants les plus nécessiteux, afin de leur apporter de l’aide immédiatement. Mais, il y a encore beaucoup plus d‘enfants qui attendent impatiemment que l’école commence en janvier 2004 !

Gratitude des villageois

Souvent, des villageois nous demandent qui est derrière cette initiative si généreuse. Nous leur avons parlé de l’Œuvre des Pains de Saint Antoine et de vous tous qui contribuez à ce projet. Ils m’ont demandé de remercier chacun de vous pour votre gentillesse et votre amour pour eux… beaucoup d’entre eux me demandent comment vous vivez en Europe, parce que ce continent est comme un autre monde à leurs yeux. Mais toujours ils finissent par soupirer : «Que Dieu les bénisse tous !»

Molly Sebastian,
Responsable projets

 
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